Critique série « Orgueil et préjugés » (1995) #1

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Je ne suis pas une amatrice de séries, elle me semble souvent trop longues et avouons-le à part « Friends » ou « Prison Break », je n’ai jamais été captivée par l’une d’entre elles, c’est dire ma ringardise en la matière.  Mais ça « c’était avant » (comme le dirait la publicité pour les lunettes), c’était avant que je ne découvre il y a un mois la série Downton Abbey.  Je consacrerai un article à cette série par la suite. Je l’évoque ici car après avoir dévoré en deux semaines les trois saisons, j’étais à la recherche d’une saga anglaise dans le même esprit et je suis tombée sur l’adaptation du roman de Jane Austen « Pride and Préjudice ». Il s’agit d’une mini-série britannique composée de six épisodes de 50 minutes  et diffusée entre fin 1995 et début 1996. Cette série dont j’ignorais l’existence a  connu un beau succès en Angleterre et a lancé la carrière de Colin Firth. Je connaissais en revanche l’adaptation cinématographique de 2005 avec notamment Keira Knightley très convaincante dans le rôle d’Elisabeth Bennet. Cette mini-série a balayé d’un revers le film de 2005, place à mon coup de cœur de la semaine.

Le topic de la série

Dans un petit village de l’Angleterre à la fin du 18ème siècle, Mrs. Bennet (Alison Steadman) n’a qu’un seul objectif : celui de marier ses cinq filles pour leur assurer un avenir. Jane (Susannah Harker) est la plus âgée et la plus douce, Elizabeth (Jennifer Ehle) est intelligente, jolie et sûre de ses convictions ;  quant aux trois autres plus jeunes, elles sont puériles et manquent parfois d’une certaine classe à l’exception de Mary, plus intellectuelle mais souvent en retrait. Il est rapporté dans le village qu’un riche rentier, M. Bingley (Crispin Bonham-Carter), va s’installer à Netherfield Park, non loin de chez les Bennet. Ce qui ne manque pas d’intéresser Mrs bennet. M. Bingley est accompagné d’un ami nommé M. Darcy (Colin Firth) qui se présente comme hautain et très distant envers ce monde qu’il estime en dessous de son rang social. Darcy voit d’ailleurs d’un très mauvais œil son ami s’éprendre de Jane Bennet, la plus âgée des sœurs, de peur d’un mariage malheureux, il fait en sorte de les éloigner. Sauf que, par des occasions souvent dues au hasard, M. Darcy, est amené à rencontrer Elizabeth Bennet et se trouve de plus en plus troublé par sa beauté et son esprit vif car elle n’hésite pas à lui parler sans les flatteries auxquelles on peut le supposer habitué. S’en suivent de nombreux rebondissements qui vont lier tous ces personnages mais l’histoire centrale est celle entre Elizabeth et Darcy. Vont-ils voir au delà des apparences ? Darcy est-il vraiment l’homme prétentieux qu’il laisse paraître ? Cette adaptation est très fidéle au roman de Jane Austen et très bien réalisée. De nombreux rebondissements, notamment la ridicule  proposition de mariage d’un cousin éloigné à Elizabeth Bennet ou l’ « affaire Wichkam », qui manquera de causer la perte de la famille Bennet, sont plus détaillés et mieux amenés que dans l’adaptation cinématographique de 2005.

Une distribution remarquable

Quand on a lu le roman, on ne peut pas imaginer meilleur acteur que Colin Firth pour interpréter Darcy. A la fois beau et distant,  fier et sincère, la subtilité de son jeu est éblouissante. Son regard et ses gestes suffisent à incarner ce personnage qui va devoir mettre de côté son orgueil pour se rendre à l’évidence de la situation. On assiste à une alchimie parfaite entre Colin Firth et Jennifer Ehle qui incarne une Elizabeth Bennet à la fois sûre de ses choix et fragile, lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est dans l’erreur. Son jeu est à la hauteur de Meryl Streep dans « Sur la route de Madison ». Un jeu d’acteurs intense et emplit de pudeur.

Une belle peinture sociale de l’Angleterre de la fin du 18ème/début du 19ème

Les femmes de la bonne société n’ont qu’une seule possibilité de s’élever socialement en faisant un beau mariage. La plupart ne refuse pas une proposition de mariage car elles sont peu nombreuses et quand la jeunesse n’est plus là, l’avenir laisse peu de perspectives. En ce sens, Elizabeth est une « rebelle », elle n’hésite pas à refuser la ridicule proposition de son cousin car elle n’éprouve rien pour lui. Elle refusera également la proposition de Darcy au moment où elle « estimera » qu’il n’est pas un homme bon.

La question des apparences et des préjugés

A cette époque, les relations fonctionnent par cercles, les « Bennet » ne sont pas dans le même « cercle » que les « Darcy » ou « Bingley ». Le nombre de domestiques, la qualité de la garde robe, l’accomplissement d’une femme (musique, lecture,…) sont autant de critères d’appréciation. Malgré le manque de classe de sa mère, Elizabeth et Jane sont des femmes très fines et vives quant aux sœurs de M. Bingley, pourtant plus riches, font indéniablement preuve de sottise. Comment être maître de son destin quand la société est régie par des stéréotypes, des coutumes et rangs sociaux établis et hermétiques ?

L’humour à l’anglaise 

Cette adaptation du roman laisse une bonne part à l’humour grâce à ses personnages haut en couleur, citons entre autre Mrs Bennet, la mère, théâtrale et qui ne fait preuve d’aucune classe et provoque souvent la gêne de ses filles. Ou encore M. Collins (David Bamber), cousin et homme d’église d’Elizabeth, qui écrit à l’avance ses flatteries aux « grands de ce monde ».

A voir bien évidemment en version originale sous-titrée !

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La bande annonce de la mini-série : cliquez ici

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