« Garde à vue » by Claude Miller (1981)

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Le notaire Martinaud (Michel Serrault), notable local, est convoqué le soir de la Saint Sylvestre par l’inspecteur Antoine Gallien (Lino Ventura) qui est assisté puis secondé par son adjoint Belmont (Guy Marchand). Dans ce huit clos, loin des festivités de la nouvelle année, Martinaud est interrogé au sujet du viol et du meurtre de deux fillettes tuées à huit jours d’intervalle dans la même région. Si l’ambiance est dans un premier temps à la décontraction, certains doutes apparaissent quant à l’éventuelle implication de Martinaud qui a pourtant signalé la découverte du corps de l’une des fillettes. De témoin, il apparaît comme suspect et l’inspecteur décide de le placer en garde à vue pour juger ou non de sa culpabilité.

« Garde à vue » c’est un interrogatoire, un face-à-face intense entre deux monstres sacrés du cinéma français. Serrault interprète un notaire impertinent et vif d’esprit qui se fragilise à mesure que la garde à vue se prolonge (sa performance lui vaudra le César du meilleur acteur). Ventura, dans le rôle de l’inspecteur, est imperturbable et pense instinctivement qu’il tient le coupable même s’il est séduit par le charisme de son « adversaire ». Dans ce huit clos pesant plane l’ombre mystérieuse et évanescente de Romy Schneider, qui interprète la femme de Martinaud. L’inspecteur décortique leur relation pour percer le mystère des deux crimes. Pourquoi font-ils chambre à part depuis des années ? Pourquoi Martinaud ne souhaite pas la prévenir de sa garde à vue ? Cette quête de petits détails nous plonge dans la complexité psychologique de « l’accusé ».

Alors que la fin de la garde à vue approche, la femme de Martinaud fait des révélations troublantes qui poussent Martinaud à avouer les crimes. C’est alors qu’un coup de théâtre l’innocente. Disculpé de cette affaire, celui-ci ne semble pas s’en accommoder. Quelle culpabilité le ronge ? Une relation ancienne semble toujours le hanter, celle de sa nièce, la petite Camille (interprété par Elsa). Que s’est-il passé dix ans auparavant entre lui et sa nièce ?

Naviguant entre le sombre et l’ironie, le film réalisé par Claude Miller (l’effrontée, la petite voleuse)  ne livre pas tous ses secrets. Les dialogues de Michel Audiard plus nuancés que d’ordinaire donnent toute la force et la subtilité aux personnages. « Garde à vue » c’est une bulle de vie, un instant de vérité, celui d’un homme en smoking qui se retrouve mis à nu et se confronte au basculement probable de son destin.

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