Critique cinéma « Gravity », la révolution. #6

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Après trois semaines consécutives au sommet du box-office américain, « Gravity » est sorti en France le 23 octobre dernier. On les compte sur les doigts de la main (ou presque) les films qui marquent un tournant dans l’histoire cinématographique, « Gravity » est de ceux-là.

L’histoire d’une renaissance et d’une aventure humaine

600 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre. Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), une brillante experte en ingénierie médicale part pour la première fois en expédition à bord d’une navette spatiale. Elle est accompagnée de Matt Kowalsky (George Clooney), astronaute expérimenté. Lors d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe survient due à une accumulation de débris et de satellites morts (appelé syndrome de Kessler). Les protagonistes se retrouvent perdus dans l’espace alors que leur navette est pulvérisée. Comme le souligne l’introduction du film « Aucune vie n’est possible dans l’espace », avec des réserves d’oxygène limitées et une impossibilité de contact avec la Terre, leurs chances de survie paraissent bien minces.

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Le film se concentre sur le personnage de Ryan Stone, qui, moins experte que son collègue Kowalsky, se montre fragile, impressionnée par l’immensité de l’espace telle une particule de poussière dans cet espace abyssal. Contrairement à des films comme Apollo 13, la particularité de « Gravity » est d’être une tranche de vie en temps réel. Dans un décor spatial, ce petit bout de femme qui subit un accident dans un environnement où l’espèce humaine ne peut vivre, va-t-elle en réchapper? Pour sa dimension psychologique, «Gravity » se rapprocherait plus d’un film comme « Open Water » (2003) qui racontait en temps réel la détresse de deux plongeurs sous-marins oubliés et abandonnés dans l’immensité de l’océan.

La beauté des images de « Gravity » n’est qu’un prétexte pour amener le fil rouge du film, celui d’une aventure humaine. « Gravity » est l’histoire d’une survie mais surtout d’une renaissance. Le docteur Ryan Stone qui a perdu sa fille de 4 ans dans un accident se retrouve confrontée à sa propre mort. Va-t-elle vouloir vivre ? Va-t-elle abandonner? A travers les questionnements de l’héroïne, Alfonso Cuarón interroge le spectateur sur le sens de la vie et sur la nécessité du lâcher prise. A l’image de la position fœtale de Randy et des « liens » qui maintiennent entre eux les astronautes, « Gravity » est bien un film sur la vie. Randy n’est plus en phase avec la vie, choisira t-elle la vie ou la mort?

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Une révolution Visuelle et sensorielle

« Gravity » est tout en paradoxes. C’est le « thriller spatial » le plus réaliste qu’il soit. S’il y a certes de l’action, elle est utile, millimétrée et réaliste. Bien loin des supers effets des supers productions et des supers producteurs, « Gravity » nous ramène à l’essentiel du cinéma : le divertissement, la réflexion et la magie de l’image. C’est un des rares films depuis Avatar où la 3D prend tout son sens, suffisamment présente et suffisamment absente. On n’aura d’ailleurs jamais aussi bien filmé l’espace que le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón. Les astronautes sont de fait unanimes sur le sujet.

Plus que des images, le spectateur est embarqué avec les deux héros, il est transporté dans le film et se croit lui-même partie intégrante de l’aventure. De l’immensité à la fois sublime et silencieuse de l’espace jusqu’à la buée présente sur le casque de Ryan, l’espace y parait un lieu à la fois paisible, majestueux sans être pour autant magnifié. Cuarón rend l’espace accessible, à portée de main. Grâce à la qualité des images et des effets sonores, le réalisateur réussit ainsi à recréer les sensations d’étouffement et d’anxiété ressentis par les personnages. Cuarón souhaitait donner aux spectateurs l’impression qu’ils flottaient avec les personnages : « Nous avons soumis aux principes de la microgravité non seulement les acteurs, mais aussi la caméra qui porte le point de vue du spectateur. » (Le Monde)

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Sandra Bullock, magistrale

Le réalisateur s’est dit époustouflé par la prestation de son actrice qui a beaucoup donné d’elle-même pendant le tournage au point de frôler, comme elle le dit, une dépression. Bullock est ainsi restée trois mois dans «la boîte lumineuse», un cube équipé de 4 000 ampoules LED, une lumière artificielle destinée à recréer les variations des rayons du soleil. Si au départ, plusieurs noms d’actrices circulaient (Angelina Jolie, Scarlett Johannsen, Blake Lively, etc.), Sandra Bullock a été retenue pour le rôle et s’est révélée en interprétant le rôle le plus profond de sa carrière.

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« Gravity », salué à la fois par les réalisateurs (Cameron, Tarantino,…), les critiques et les spectateurs, est à inscrire dans la lignée des chefs-d’œuvre du cinéma et place le réalisateur Alfonso Cuarón comme le cinéaste incontesté d’une nouvelle génération.

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 (Crédit photos :  Warner Bros)

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4 réflexions sur “Critique cinéma « Gravity », la révolution. #6

  1. Une magie de l’image oui, par contre une réflexion ? C’est, pour moi, comme je l’écris http://bit.ly/17BMjMQ le gros problème de Gravity : rien n’est subtil. Les liens maternels avec Ryan Stone, son histoire d’enfant décédé, l’enchainement de catastrophes, la fin. Bien dommage car il y avait matière, mais un chef d’oeuvre ? Ne galvaudons pas ce mot.

  2. Bonjour Nicolas! merci pour ton commentaire sur ma critique!

    Ecoute, c’est très intéressant, en fait, nous avons exactement un avis opposé. J’ai vu dans « Gravity » un film, juste et dépouillé de tout ce qui fait habituellement un « blockbuster ». J’y ai vu une émotion là ou tu n’as vu que « technique ». Je ne rentrerai pas dans le débat car chacun y trouve ce qu’il recherche. 🙂 Pour ma part, je n’étais pas conditionnée par les critiques unanimes relatives au film. Je me suis dit « c’est incroyable de raconter une histoire si ordinaire dans un environnement si extraordinaire. Là où un réalisateur américain aurait peut être donné le rôle principal à un homme, aurait peut-être amorcé une histoire d’amour, aurait accentué les scènes catastrophes, aurait fait une fin peut être à la « Armaggeddon », Cuaron a choisi un seul angle : celui de l’héroine face à son rapport à la mort. Cet accident de travail (dans l’espace) la met face à une interrogation qu’elle fuyait….a t-elle envie de vivre? Je n’évoquerai pas l’image du cordon ombilical que tout le monde a vu à maintes reprises mais surtout la fin (ne poursuivez pas la lecture si vous ne l’avez pas vu) avec la symbolique de l’eau et les premiers pas sur terre. C’est une histoire de renaissance, de questionnements par rapport à la vie, la mort. Après…nous savons tous qu’un même film ne touchera pas deux spectateurs et tout cela restera mystérieux.

  3. Bonjour Christine ! tout d’abord un grand bravo pour votre blog et pour cette critique au quelle je souscris volontiers. C’est pour moi aussi un petit chef d’œuvre et je ne boude pas mon plaisir. Qui m’aurais dit que j’aurais adoré un film avec Sandra Bullock. C’est un film jalon, il y aura un avant et un après comme pour Avatar par exemple. Un grand bravo à Alfonso Cuaron et à toute l’équipe de ce film qui m’a fait rêver !! @plus tard sur wordpress et encore merci du partage 🙂
    Frédéric.

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